Étude de cas 2

La communauté autochtone Wet’suwet’en de la Colombie-Britannique, au Canada, s’oppose à la construction du pipeline Coastal GasLink (CGL) sur ses terres ancestrales. Ce projet, appuyé par le gouvernement canadien et des multinationales, devait traverser leur territoire, et ce, sans le consentement des chefs héréditaires.

Ce cas illustre comment les communautés prennent part à un effort d’engagement du public décolonial en demandant le contrôle de leur territoire, de leur histoire et de leurs droits.

Stratégies d’engagement du public employées

Engagement direct de la communauté et gouvernance traditionnelle :

  • Les chefs héréditaires Wet’suwet’en (et non les conseils de bande élus) ont eux-mêmes mobilisé leurs communautés pour les informer des risques qu’entraînerait le pipeline. Ils ont tenu des conversations sur les répercussions culturelles et environnementales à long terme.
  • Ces chefs ont utilisé les structures de gouvernance traditionnelles pour organiser la résistance, ce qui a contribué à renforcer les mécanismes décisionnels autochtones qui ne relèvent pas du cadre juridique colonial.

Militantisme dans les médias et sur Internet :

  • Des militant·e·s autochtones ont utilisé les réseaux sociaux (X, Facebook, Instagram) pour diffuser en temps réel des renseignements, contester les récits officiels du gouvernement et rallier l’appui international.
  • Des mots-clics comme #WetsuwetenStrong et #ShutDownCanada ont connu un succès fulgurant, donnant lieu à des manifestations de solidarité à travers le monde.

Engagement juridique et politique :

  • Les Wet’suwet’en ont entamé des procédures juridiques, en invoquant une décision de la Cour suprême du Canada (Delgamuukw c. Colombie-Britannique, 1997) qui reconnaît leurs droits fonciers non cédés.
  • Les activistes autochtones ont travaillé en collaboration avec des organisations de défense des droits de la personne pour dénoncer les violations de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) commises par le gouvernement.

Alliances et mobilisation citoyenne :

  • Des groupes autochtones ont noué des alliances avec des activistes de la protection de l’environnement, des mouvements de jeunes et des organisations axées sur la justice climatique pour amplifier le soutien de la population.
  • Des syndicats et des étudiant·e·s universitaires ont rejoint ce mouvement en organisant des grèves avec occupation, des blocus économiques et des manifestations dans tout le pays pour exiger la reconnaissance de la souveraineté territoriale autochtone.

Engagement du public avec perturbations (blocus et actions directes) :

  • Des manifestant·e·s ont bloqué des voies ferrées, des autoroutes et des bâtiments gouvernementaux, exigeant des mesures. L’État et les entreprises ont été contraints d’entendre leurs voix.
  • Cela a fait augmenter la pression du public, poussant les médias traditionnels à parler des préoccupations du mouvement.